Offemont Rome par la Via Francigéna
Mercredi 14 juillet 2010 -- 1ère étape -- 8h45 Offemont > Fesches le Châtel - 25 kms -- 6H
Beaucoup d’émotion en ce matin de fête nationale : tous nos amis, membres de la famille, anciens collègues de travail étaient là.
Après de grandes discussions, le cachet sur les deux «crédenciers « (recueil de tampons ou signatures attestant le passage aux villages-étapes), nous avons quitté la maison avec de grosses larmes dans les yeux .
Treize personnes nous ont suivis dans notre première étape qui nous menait à Fesches le Châtel. Pour midi nous avions l’intendance avec Martine et Régis qui nous ont rejoints à la hauteur de Chatenois les Forges.
Après nos 23 km, nous avons bu une bonne bière bien fraiche avec nos accompagnateurs et chacun d’entre eux est rentré chez lui. A notre premier hébergement, Mme Caillet, une dame très gentille, nous a prêté une chambre, une salle de bain bienvenue pour effacer les effets de la chaleur.
Puis Valda, notre hôte, a téléphoné à un correspondant de presse (Est Républicain) pour faire passer un article. A 19 h 30, rendez-vous est pris avec les voisins de la rue de la gare pour l’anniversaire de Laurette et Maurice au restaurant à Méziré. Après cette charmante soirée où Paulette était affolée de notre périple, retour chez Valda vers 23 h 00.
Fin de la 1ère étape.

Jeudi 15 juillet 2010 2ème étape Fesches le Châtel Abbévillers 16 kms 5H00
Lever 7 H 00, nuit moyenne, déjeuner avec Valda et départ 8H30 en direction du GR5 . Nous envoyons un SMS à John et à Emilie pour les tenir au courant du départ de notre seconde étape.
Deux heures plus tard, nous commettons notre première erreur de parcours car nous discutions tout en marchant; un forestier, très sympa, nous remet sur le bon chemin. Petite pause à Dasle et première ampoule pour Sylvie, je me transforme en infirmier !
Redémarrage toujours sur le GR5 un peu vallonné mais très agréable, le temps est de la partie : légèrement couvert avec un petit peu de vent.
Vers 12H30 : pause repas, allongés dans l’herbe sous un arbre, le sommeil nous gagne, Sylvie qui ne dort jamais se met à ronfler…
14H00 : départ pour Abbévillers, première pause au bistro du coin pour boire la traditionnelle bière bien fraiche , puis passage à la mairie pour faire tamponner notre crédencier et ensuite, arrivée dans la famille d’ Edith pour passer la soirée en leur compagnie. Après une bonne douche , nous plongeons dans la piscine un peu fraîche mais très relaxante.
Fin de la 2ème étape
Vendredi 16 juillet 2010 -- 3ème étape Abbévillers > St Hippolyte -- 22 km- 7 H 00
Lever comme d’habitude à 7 H 00 et départ à 8H30 après avoir pris congé de nos hôtes. Ciel sans nuage, pas de vent, température attendue : 31°. Direction : Villars les Blamont.
Tout se passe en sous bois, mais avec beaucoup de montées, temps prévu pour la balade : 5 H 30. Arrivée à Villard où on recherche une épicerie pour le ravitaillement de midi, on achète une boisson fraîche, mais avec du sucre pour engranger quelques calories.
Nous voilà repartis, coup de téléphone de Gérard qui nous parle de sa santé.
13 H 00 : message de France puis repas pour reprendre des forces dans l’herbe à l’ombre avec une légère brise « quel bonheur ! ».
Nous consultons la carte pour compter les kilomètres restant à faire et évaluer le temps nécessaire : moins de 2 H 00. Nous rencontrons sur notre chemin une charmante petite chapelle Notre Dame, puis nous commençons à descendre sur St Hippolyte pour arriver au camping à 15 H 00. Nous prenons possession de notre magnifique caravane, puis nous nous précipitons à la douche, fraîche mais bonne.
Le soir, nous devons parcourir encore deux kilomètres pour aller manger car il n’y a rien au camping. Pendant le repas, coup de téléphone aux enfants pour leur dire que tout se passe pour le mieux.
Fin de la 3ème étape.

Samedi 17 juillet 2010 -- 4ème étape St Hippolyte > Goumois - 25 km – 5 H 50
Ce matin nous avons eu une pensée émue pour notre petit fils Nathan qui fête déjà son premier mois.
Départ 8H30 : nous devions partir de bonne heure mais apparemment la caravane nous a bien plu car nous ne nous sommes levés qu’à 7 H 50.
Le GR5 se trouve à 10m de l’entrée du camping mais cela n’était pas le bon, mais un ancien remis récemment au goût du jour. Toutefois, en regardant la carte à notre arrivée, nous n’avons pas dû faire beaucoup plus de kilomètres.
Le temps était couvert et nous avons essuyé quelques gouttes de pluie mais rien de bien méchant. Arrivés à Courte Fontaine pour acheter de quoi manger, il n’y a pas d’épicerie mais un petit restaurant où nous avons pris deux casse croûte jambon beurre, nous avons discuté avec des clients du bar qui nous ont demandé d’où on venait et où on allait. Ils n’en revenaient pas, ensuite ils nous ont souhaité bon courage et bonne route.
Le chemin continue avec encore quelques gouttes qui nous obligent à sortir les Kway et le protège sac. La température commence à descendre nettement avant l’arrivée à Fessevillers que nous connaissions pour y avoir fêté un Nouvel An.
Une demi-heure plus tard, nous reprenons la route pour encore deux heures de marche. J’ai oublié de dire que nous sommes déjà montés à 986m d’altitude et que la veille, il faisait 31° alors qu’aujourd’hui on a eu quasiment froid.
Sur notre chemin on s’est arrêté vers une petite chapelle et là, on a rencontré une randonneuse seule avec deux petits chiens, elle portait un sac de 22 Kg, elle avait sa nourriture ainsi que celle de ses chiens pour 10 jours, la tente, le réchaud, etc….puis nous avons continué notre route jusqu’à Goumois, terme de notre étape.
Nous avons cherché le camping où nous devions passer la nuit, mais comme nous étions frigorifiés et un peu fatigués, nous nous sommes offert un petit extra dans un hôtel au bord du Doubs, mais côté Suisse.
Une bonne douche un petit roupillon et cela devrait aller. Pendant que je suis en train d’écrire, elle ronfle…
Ce soir la nous devions retrouver Pierrette et Gérard au restaurant côté France pour un excellent repas : au menu filet de perche du Doubs, croûte forestière, etc… Ils sont repartis à Roppe et nous vers notre hôtel Suisse. Extinction des feux à 21 H 00. Fin de notre 4ème étape. Déjà 88 kms parcourus

Dimanche 18 juillet 2010 -- 5ème étape Goumois > La Rasse 24 kms 7 H 30
Départ 8 H 15 après une bonne nuit de récupération. Température côté Suisse (à l’ombre) 12° Après quelques achats pour le ravitaillement du midi dans un petit magasin ouvert le dimanche matin et une petite discussion avec d’autres randonneurs, nous reprenons notre route.
Nous parcourons des kilomètres sur un chemin longeant le Doubs (paysage magnifique, reposant et silencieux) puis un autre chemin toujours au bord du Doubs mais cette fois-ci avec de nombreuses racines saillantes et des cailloux ; bref, nettement moins agréable que le premier.
Nous arrivons quand même aux fameuses « Echelles de la mort » ; alors là, le paysage est époustouflant avec des falaises gigantesques au pied desquelles coule le Doubs et cette plongée vertigineuse avec les échelles descendues dos au vide.
Nous apercevons en contre bas des gens qui empruntent une via ferrata : ce sont des câbles tendus au dessus du vide qui permettent de traverser une vallée entre deux parois de la montagne. Même Sylvie n’a pas eu peur en descendant ces échelles !
12 h 30 : l’heure du repas et les premières tiques apparaissent sur mes jambes : opération délicate pour les enlever…
Nous voici en direction du barrage du « Refrain » qui forme un plan d’eau avec le Doubs magnifique où l’on aperçoit des canards, des cygnes et beaucoup de poissons (à en croire les pêcheurs présents…)
Nous regardons sur la rive opposée « la Suisse » avec de très belles habitations, dont une avec un drapeau anglais.
La Rasse est bientôt en vue, lorsqu’au détour d’une côte, j’aperçois la pancarte nous indiquant que nous étions arrivés. Quel bonheur ! car quelque part, on était quand même contents d’arriver.
Sylvie doit prendre congé de moi ce soir jusqu’au vendredi suivant. Nous attendons Bernadette et Jean Marc qui doivent prendre la relève pour 5 jours de marche, Emilie et Simon doivent venir aussi pour récupérer Sylvie.
Je suis très content de Sylvie car elle a très bien marché sans se plaindre, et je suis persuadé qu’elle se fait plus de souci pour moi que pour elle en me laissant là ce soir… Du côté des bobos : mon petit orteil a du mal à se guérir, ma sciatique me fait toujours mal le matin et lorsque je suis assis, mais pour la marche, cela ne me dérange pas trop.
Après avoir pris possession de la chambre et apprécié une bonne douche, nous gagnons la terrasse pour déguster tranquillement une bonne bière.
La Rasse c’est un lieu-dit Français que l’on ne peut joindre qu’en passant par le territoire Suisse.
Fin de la 5ème étape Déjà 112 km parcourus
Lundi 19 juillet 2010 -- 6ème étape La Rasse > Villers le lac -26 kms – 7 H
Départ 8H20, première étape avec Jean-Marc (« le Nos ») et Bernadette pour l’intendance, nous avons longé le cours du Doubs sur pratiquement toute l’étape, nous avons vu des choses et des paysages magnifiques, nous sommes passés vers une centrale hydroélectrique côté Suisse, avec un funiculaire pour accéder au sommet de la montagne et sur le côté de cette installation, on peut utiliser les 1200 marches d’escalier quand l’appareil est en panne. Impressionnant…
Nous continuons notre chemin toujours avec des passages sous de gros rochers de calcaire, parcours très varié, ombragé avec une légère brise bien agréable.
La matinée se déroule calmement avec quelques arrêts photos et boisson : ainsi, on peut soulager ses épaules.
Vers 12 H 30 nous trouvons un très beau coin pour manger : un chalet dans la montagne très bien aménagé pour les randonneurs avec barbecue et grosse table en bois. A 13 H 00, on repart toujours en longeant le Doubs mais cette fois ci avec un très gros barrage hydroélectrique « le Chatelot » qui forme une énorme retenue d’eau avec des couleurs presque surnaturelles d’un vert turquoise. Tout à coup, nous apercevons un chamois à peine affolé de notre présence qui s‘enfuit le plus tranquillement du monde.
Nous voici enfin arrivés au saut du Doubs, une superbe cascade vue d’en haut, copieusement prise en photo ; nous repartons car il commence à faire très chaud et là !….. à nouveau un magnifique chamois que nous avons pu admirer encore plus longtemps que le premier.
Puis c’est la descente sur Villers le lac, beaucoup moins agréable, car entièrement sur la route goudronnée en plein soleil jusqu’à notre gîte d’étape « Le Clos Rondot » où, pour l’instant, nous sommes seuls. Le gîte se compose d’une cuisine avec salle à manger / salon et 3 chambres. Christelle, la responsable du gîte, est très sympathique et ne nous fait payer que 13 € la nuitée.
Nous cherchons une cabine téléphonique pour donner des nouvelles à toute la famille. Bernadette va nous préparer le repas du soir et celui du lendemain midi.
Fin de la 6ème étape Déjà 138 kms parcourus

Mardi 20 juillet 2010 -- 7ème étape Villers le lac Seignes 27 kms effectifs 8 H
Départ 8 H 20 : cela commence bien par une côte bien abrupte ! Nous avons quitté le gîte où nous avons été très bien accueillis.
Nous montons toujours selon un fort dénivelé, mais avec des vues magnifiques sur les villages de la vallée. Première pause au bout d’une heure de marche : nous rencontrons un joggeur dans le bois avec son chien et une marcheuse seule. Nous avons rejoint deux personnes qui étaient au gîte avec nous et nous les suivons depuis plusieurs étapes ; ils étaient partis plus d’une demi-heure avant nous (important) ; nous avons discuté quelques instants ensemble et nous sommes repartis. Nous longeons la frontière Suisse un bon moment. Notre balade se poursuit sur des chemins très vallonnés, l’heure du repas arrive et nous nous arrêtons sous un arbre que nous quittons rapidement car les taons commencent à nous dévorer. Peu de temps avant, nous avons emprunté une portion de route qui grimpait jusqu’au col du Chateleu, point culminant de notre étape (1200m). Puis nous entamons la descente dans la vallée et il devait nous rester à ce moment là 1 H 30 de marche. Un bref moment d’inattention nous fait rater une petite pancarte et nous voilà partis pour une autre heure et demie de marche, alors que le gîte se trouvait à 300 m de là ! Quelques instants plus tard, je commence à m’inquiéter car on avait dépassé notre hébergement de plus de 3 km. Nous rencontrons un groupe de randonneurs de la région qui nous ont remis sur le bon chemin en nous indiquant le village : il fallait redescendre ce que nous venions de monter !
A 16 H 30 nous sommes enfin arrivés à bon port, Bernadette nous attendait au soleil avec un livre et en train de bronzer.
Nos deux randonneurs du matin eux étaient déjà arrivés depuis un petit moment car ils avaient pris le temps de bien lire les panneaux !
Comme chaque soir, une bonne bière et une bonne douche nous font oublier nos soucis. Bernadette, une nouvelle fois, nous a préparé le repas du soir. Au menu : saucisses de Morteau, haricots verts et lentilles. dessert et une petite tisane pour bien dormir. Fin de la 7ème étape. Déjà 165 kms parcourus
Mercredi 21 juillet 2010 -- 8ème étape Seignes > Frambourg -28 kms - 8 H Lever à 7 H 00 comme tous les jours et départ à 8 H 05, nous nous sommes fait violence car il faut à nouveau prendre le chemin que l’on connaît déjà pour l’avoir parcouru par erreur la veille ! Nos amis marcheurs étaient partis une demi-heure avant nous, et nous les avons rattrapés une heure plus tard, ce qui nous donne l’occasion de bavarder un peu. Le dénivelé pour cette journée est en progression, tout comme la chaleur et une bise persistante toute la journée, ce qui nous apportait un peu de fraîcheur en sous bois et sur les plateaux. De nouveau, nous rencontrons des paysages magnifiques dans les vallées profondes. Au détour du chemin, nous apercevons encore trois jeunes chamois grimpant dans la rocaille, ils se sont arrêtés pour nous regarder et nous essayons de les prendre en photo, mais ce n’est pas terrible. Arrive midi à la recherche d’un petit coin pour savourer, au dessus d’un plateau à l’ombre, le repas préparé par Bernadette.
Nous sommes tombés dans une zone où le balisage laisse nettement à désirer ; je vais en référer à Marcel Lallemand (bien que ce ne soit pas son secteur), il n’y avait pratiquement plus de marquage sur les arbres, Nous étions tous les deux fort en colère.
Nous sommes passés de France en Suisse toute la journée de part et d’autre de la frontière ; nous avons pris des photos des bornes frontières pour garder des souvenirs.
Nous commençons à trouver le temps un peu long car nous allongeons un peu le trajet. En continuant le GR5, nous rencontrons des exploitants forestiers en plein travail avec d’énormes engins de débardage (ce n’est pas l’équipe d’amateurs Bruder Rippling d’Offemont !). Le chemin descend rapidement vers le château de Joux où nous retrouvons nos compagnons de route et nous finissons le chemin ensemble. Le soir Edouard et Bernadette Monnier nous ont donné rendez-vous à l’auberge et nous avons mangé les 7 autour d’un petit verre (rendez-vous très agréable et sympathique de retrouver des têtes que l’on connait). Fin de la 8ème étape. Déjà 193 kms parcourus
Jeudi 22 juillet 2010 -- 9ème étape – Frambourg > Les Hôpitaux Neufs - -- 21 kms – 5 H 30
Lever à 7 H 20 et départ à 8 H 30 :Edouard nous attendait sur le chemin pour nous souhaiter bonne route. Il partait pour Courchevel avec Bernadette pour participer une fois de plus à la « 6000D » Merci à lui. Nous commençons par une bonne côte, mais cela ne dure pas longtemps. Nous essuyons les premières gouttes de pluie mais rien de grave pour l’instant. Nous traversons bon nombre de pâtures au milieu des troupeaux, Sylvie aurait été heureuse. Un peu plus de pluie nous oblige à mettre le coupe- vent et le couvre-sac. Nous venons de rencontrer le groupe de randonneurs croisé deux jours plus tôt, une dame du groupe me rassure sur la montée du St Bernard, longue mais pas trop dure. L’heure du repas arrive, nous trouvons un super abri pour manger mais sans s’attarder trop longtemps (trente minutes) car la température baisse beaucoup. La pluie s’arrête et nous continuons à traverser des pâtures qui sont couvertes de plants de gentiane. Le chemin est confortable sans trop de dénivelé et nous voila arrivés aux Hôpitaux Neufs. Je cherche la maison de mon hébergement puis nous allons au centre de vacances de Métabief où une chambre est réservée pour mes deux accompagnateurs. Toujours le même scénario en fin d’étape : une bonne douche et un plongeon dans la piscine du centre (quand il y en a une !). A 17 h , mes deux acolytes me ramènent chez mes hôtes pour faire connaissance, des gens charmants et pleins d’attention pour moi et pour mon projet. Je repars à Métabief pour le repas car c’est ce soir que nous quittons nos deux randonneurs Véronique et Tony, qui continuent leur périple sur la grande traversée du Jura. Nous mangeons et ensuite nous nous séparons et leur souhaitons bonne route. Fin de la 9ème étape Déjà 193 kms parcourus
Vendredi 23 juillet 2010 -- 10ème étape -Les Hôpitaux Neufs > Orbe 24 kms - 7 H 00
Dernière étape pour la famille Bruder.
Debout 7 H 00 après une nuit où je n’ai pas beaucoup dormi ; le souci du chemin d’aujourd’hui entièrement en Suisse m’a maintenu éveillé longtemps.
Après un petit déjeuner avec Mr et Mme Perrin, je prends congé d’eux en les remerciant chaleureusement de leur hospitalité. La pluie se remet à tomber au moment du départ en direction de la frontière par un sentier descendant vers Jougne. Nous bavons d’admiration devant les tas de bois d’un bûcheron : pas un trou dans l’empilage, pas un morceau qui ne dépasse. Le temps ne s’arrange pas, bien au contraire, la pluie redouble et nous nous arrêtons pour enfiler les pèlerines ( quelle galère ! ) , mais on est autant mouillé dessous que dessus. Nous sommes maintenant sur la route à côté d’une autre grande route que l’on a l’habitude prendre mais en voiture, cela descend toujours, lorsqu’une voiture nous klaxonne, c’était notre Bernadette qui passait par là. Après une petite discussion, nous lui donnons rendez-vous au village suivant « Les Clées »où elle nous trouve un endroit sympathique pour manger (porche d’église avec un banc à l’abri). Une heure plus tard, nous reprenons notre chemin, et la le décor change complètement : avec l’Orbe en contre bas et une eau d’un vert éclatant (je n’irais quand même pas me tremper dedans car elle ne me paraît pas très chaude…), un chemin pittoresque et pas très large interdit à toute circulation le long duquel nous découvrons une caverne qui porte le nom de « caverne de l’Espoir ».
Ensuite nous suivons d’énormes canalisations qui acheminent l’eau vers une usine hydroélectrique et enfin nous apercevons la ville d’Orbe, terme de notre étape. En rentrant dans la ville, j’aperçois la première pancarte de la Via Francigéna (cela fait quelque chose de voir enfin ce symbole en vrai !).
Je trouve l’hôtel que ma biche m’avait réservé tout à fait par hasard, je prends possession de ma chambre et nous dégustons notre dernière bière en commun, car mon compagnon de voyage et notre préposée en logistique prennent congé ce soir et repartent à la maison pour un repos bien mérité.
Je me mets ensuite à la recherche de ma route pour ne pas chercher trop longtemps demain matin.
Fin de la 10ème étape Déjà 238 kms parcourus Je tiens à remercier tout particulièrement « Nos et Bernadette » de m’avoir accompagné ces cinq derniers jours, cela m’a fait énormément plaisir et m’a apporté un réel soutien, ainsi que Mr et Mme Perrin pour leur gentillesse et leur dévouement.

Samedi 24 juillet – 2010 - 11ème étape - Orbe > Lausanne -30 kms -7 H 00
Lever 7 H 00, déjeuner 8 H 00, départ 8 H 30 pour une étape légèrement vallonnée mais relativement longue. Dès le premier village à 6 km d’Orbe, déjà un problème de balisage et je suis obligé de me renseigner plusieurs fois avant de partir sur le bon itinéraire : il faut comprendre la méthode suisse de baliser et après, tout va bien.
Je continue ma route et au détour d’un sentier, je tombe sur un terrain de golf « Brésil » :c’était son nom. Je discute 2 minutes avec un golfeur et je reprends ma route. Je croise une dame en train de promener son chien, elle m’interpelle et me demande si je vais à Rome : surpris car c’est la première fois que l’on me pose cette question, elle me dit qu’elle a déjà vu des randonneurs sur ce chemin poursuivre le même but que moi.
Peu de temps après, une autre dame en voiture s’arrête et me demande si je vais à Compostelle ! Elle me souhaite bonne route et je repars. 12 H 10 : j’arrive dans le petit village de Bioley ; au milieu de ce bourg il y a une fontaine, des bancs à l’ombre et je m’arrête pour manger.
En repartant je croise des gens qui me demandent eux aussi où je vais , ils en restent muets de stupéfaction. C’est vers 13 H 30 que j’ai aperçu pour la première fois le lac Léman mais il me restait encore 1H45 à marcher avant d’arriver à mon hébergement. C’est avec une chance incroyable que j’ai trouvé la paroisse qui devait nous héberger ce soir, » nous » car Sylvie vient me rejoindre pour faire un bon bout de chemin avec moi. Un quart d’heure plus tard, elle est arrivée avec Martine et Régis. Comme chaque soir, lessive, douche, et nous sommes descendus vers le lac pour dîner dans un restaurant. Fin de la 11ème étape Déjà 268 kms parcourus
Dimanche 25 juillet 2010 - 12ème étape - Lausanne > Vevey 23kms - 5 h30
Debout 7h15, départ 8h15 : la traversée de Lausanne a été un peu pénible car on passait d’une rue à l’autre jusqu’au moment où on a rencontré des policiers dans une voiture qui nous ont mis sur la bonne route.
Nous avons véritablement longé le lac pendant plusieurs kilomètres, nous pouvions apprécier la température de l’eau jusqu’à Vilette car à partir de là, on a emprunté une route qui nous menait dans les vignes du Lamont avec des splendides points de vue sur le lac, sur les Alpes de l’autre côté du lac et sur les vignes très étendues : on ne voit vraiment pas les mêmes choses quand on circule à pied ou en voiture.
Par contre, la route n’arrête pas de monter et de descendre mais heureusement, il y avait un magnifique soleil et une petite brise qui nous faisait le plus grand bien.
Nous avons mangé sous un arbre à l’ombre sur un petit banc à la sortie du petit village de « Rivaz ». J’ai enlevé mes chaussures : que cela fait du bien ! C’est là que l’on voit la différence entre les chemins de terre et les routes en macadam ou en béton ; je me suis aperçu que j’avais la semelle droite qui se décollait du fait de taper brutalement sur les cailloux. Il va falloir que je trouve rapidement de la colle forte.
Nous arrivons à Vevey, « riviera » de la Suisse avec « Montreux ». Nous cherchons comme d’habitude notre hébergement ; entre temps nous trouvons une cabine téléphonique et nous nous faisons appeler par les jeunes qui se trouvent tous à Segonzac. Notre localisons notre pension, c’est une auberge de jeunesse (une première pour nous !), nous sommes avec 4 autres personnes : 2 Anglais qui ne parlent pas français (la discussion est assez limitée )et 2 Canadiens. Nous allons nous reposer un peu et partir à la recherche d’un petit restaurant : ce n’est pas facile car c’est dimanche et bon nombre d’entre eux sont fermés. Nous allons contrôler nos sacs car aujourd’hui on les a trouvés un peu lourds ; un tri devient nécessaire et les articles en double seront éliminés (itinéraire italien, par exemple). Fin de la 12ème étape Déjà 291 kms parcourus
Lundi 26 juillet 2010 -- 13ème étape - Vevey > Aigle - 30 km – 7 h 00
8h30 : départ après un déjeuner copieux, le premier depuis le début de mon périple (je n’avais jamais très faim) qui nous permet de démarrer la journée d’un bon pied. Nous longeons le lac avec vue sur le côté français en face. Nous arrivons à Montreux, alors là !….c’est une explosion d’hôtels tous plus beaux les uns que les autres, des villas du même genre, nous profitons du panorama car dans quelques kilomètres, nous quitterons le lac avec ses bateaux à roues, ses cygnes et ses magnifiques coups d’œil.
Nous arrivons à Villeneuve en même temps qu’un de ces fameux bateaux, ce sera le dernier que nous apercevrons ; entre temps,nous avons découvert sur notre route le magnifique château de Chillon surplombant le lac. Evidemment, nous l’immortalisons par quelques photos. Nous nous arrêtons dans une grande surface pour le ravitaillement du midi. Nous quittons Villeneuve pour attaquer un très joli chemin qui longe un cours d’eau bien paisible ; là, nous trouvons un abri pour manger avec une table, un banc et un toit au-dessus de nos têtes. En partant, nous nous apercevons que c’était un stand de tir de l’armée suisse. Après le repas, nous avons pris une route interminable avec de longues lignes droites. Nous avons suivi aussi une voie ferrée avec de charmants villages à flanc de coteau. Un moment, nous arrêtons deux personnes âgées qui faisaient du vélo pour leur demander où se situait Aigle et le temps nécessaire pour y parvenir. Un km seulement, quelle surprise ! mais c’était sans compter sur la suite… On cherchait notre hébergement en sollicitant des renseignements autour de nous, lorsqu’on l’a enfin trouvé. Il n’y avait pas de quoi manger le soir et c’était tellement loin de notre route que l’on a décidé de faire du « STOP » pour retourner dans la ville.
On avait parcouru au moins 4 km pour rien, Sylvie a arrêté une voiture et une gentille agricultrice Suisse nous a ramenés au centre de la petite ville d’Aigle.
Là, la traditionnelle petite bière, la douche et repas bien mérité. Le coup de blues d’hier soir avec le mal de fesse et la sciatique oubliés, heureusement que je n’étais pas seul à ce moment là.
Fin de la 13ème étape. Déjà 321 kms parcourus

Mardi 27 juillet 2010 - 14ème étape - Aigle > St Maurice - 17 km - 6 h00
8h10 :départ après avoir pris un solde petit déjeuner. Tout de suite au cœur du sujet , il nous a fallu monter à travers bois en suivant une ligne de chemin de fer très pentue qui relie plusieurs villages entre eux.
Nous sommes en sous bois, donc à l’ombre et comme il a plu cette nuit, on ressent une certaine fraicheur.
Nous sortons du village par les vignes et nous découvrons un magnifique château, un des plus beaux de Suisse. Nous continuons après avoir atteint le sommet et un petit chemin sinueux très agréable pendant quelques kilomètres avant de descendre toujours dans les vignes vers un village toujours bien propre de viticulteurs,.
Nous continuons toujours le même parcours lorsque l’on débouche sur un petit cours d’eau qui dévale une pente avec de nombreuses chutes d’eau artificielles et cela, sur plusieurs kilomètres en ligne droite. Nous rencontrons un pêcheur, nous discutons quelques instants avec lui pour lui demander si ça mord, évidemment.
Nous arrivons à Bex, la seule grande bourgade avant notre arrivée à St Maurice. Achats en 10 min pour manger ce midi et hop ! on repart en montée, nous trouvons une petite maison avec un banc. Je sonne pour demander si l’on peut utiliser ce banc mais, pas de réponse, donc on s’installe. Sylvie prépare les casse-croûte et moi je joue les Mac Gyver car j’ai la semelle de ma chaussure droite qui, à force de taper dans les cailloux, s’est de nouveau décollée, donc j’y remédie. En interrogeant le GPS je m’aperçois que l’on est seulement à 1h de St Maurice. « Super ! ». La descente se fait par un ancien fort militaire, visite incontournable, et sur le versant d’en face se dresse un autre beau château. Dès l’arrivée en ville, nous cherchons notre hébergement, le « Foyer St François » d’une communauté religieuse. Une fois sur place nous voyons que c’est un foyer de moines franciscains, un bâtiment flambant neuf, avec, pour nous, une très belle chambre avec une douche à l’italienne pour un prix très raisonnable vu le standing. J’ai oublié de dire qu’à Bex nous sommes passé par la route du sel où une mine est encore en activité. L’emblème de la mine était « Du sang ou du sel ». Nous allons repérer ce soir le départ de notre route pour demain. Je crois même que l’on va assister aux vêpres ce soir…
Voilà pour la 14ème étape. Déjà 334 kms parcourus
Nous sommes à 649kms de Rome à vol d’oiseau 

Mercredi 28 juillet 2010 -- 15ème étape St Maurice > Martigny -- 17kms – 5-H
Debout à 7h après une très bonne nuit au calme et avec la bénédiction des Dieux ! Après un bon petit déjeuner pris en commun avec une bonne trentaine d’évêques italiens, nous sommes partis vers 8h30.
Pas trop pressés car aujourd’hui l’étape n’est pas trop longue et présente peu de difficultés. Le temps est très beau, sans aucun nuage à l’horizon mais avec pas mal de vent. Tout de suite, nous nous retrouvons sur ce chemin de plus en plus connu de la population.
Nous cheminons sur des petits sentiers lorsque nous apercevons un élevage de lamas. Ensuite en nous retournant, le décor commence à être grandiose, avec tous ces sommets pointus et enneigés , qui nous font un peu peur pour la suite.
Au bout de quelques kilomètres nous distinguons une belle cascade au pied de laquelle notre chemin serpente.
La séquence suivante de cette journée, c’est la vue d’un verger d’abricots, bien sûr la tentation de marauder est grande, vite anéantie par la présence de cueilleurs sous les arbres. Nous leur demandons poliment si l’on pouvait en goûter un ou deux et de fil en aiguille, nous sommes partis dans une grande discussion avec 2 personnes qui connaissaient notre « Via « , très sympathique. De plus, ils connaissaient Belfort et du coup, ils nous ont offert quasiment un kilo. Le seul regret est que j’aurais dû les prendre en photo.
Nous marchons encore un petit moment et achetons à manger. Nous trouvons un petit coin toujours à l’ombre avec un banc. Soudain le téléphone sonne, c’était mon frère Philippe qui voulait des nouvelles des marcheurs et pour nous souhaiter une nouvelle fois bonne route.
Peu de temps après, nous arrivons à Martigny, nous cherchons le « Monastère Ste Jeanne », qui n’existe plus. Nous téléphonons à la cure de la paroisse et nous tombons sur un très gentil curé qui nous offre l’hospitalité dans un petit studio pas très loin ; de plus, il nous propose une bière en attendant notre chauffeur.
Fin de la 15ème étape Déjà 352 kms parcourus Nous sommes à 636kms de Rome à vol d’oiseau
La fesse ne se guérit toujours pas , j’ai du mal à repartir après une station assise, bref on verra bien par la suite.
J’ai oublié de signaler que nous avons vu les premiers panneaux nous indiquant « Col du Gt St Bernard » ,cela devient bon
!
Jeudi 29 juillet 2010 - 16ème étape - Martigny > Orsières - 21 km – 6 h 30
Debout 7h15 avec un peu de mal à se lever, départ 8h30 après un bon petit déjeuner. Le studio de Mr le curé nous a bien servi et en plus, il n’a rien accepté en dédommagement. Par contre, un temps désastreux avec beaucoup de pluie s’installe et donc, la pèlerine devient obligatoire. Nous attaquons les choses sérieuses avec une pente qui commence à devenir de plus en plus raide, mais nous gérons notre progression avec des arrêts fréquents pour souffler et se désaltérer malgré la pluie. Nous passons dans des endroits insolites, sur des passerelles attachées à la montagne (le vide sous nos pieds est impressionnant), sur des chemins avec de gros rochers. Sylvie s’est offert une petite glissade dans les orties, elle a de la chance car c’était mouillé et donc elle n’a pas été piquée. Le soleil revient et nous continuons sur des chemins plus reposants. Mais cela ne dure pas longtemps : nous retrouvons presque aussitôt des rochers, des racines et en cherchant le balisage, je suis descendu seul dans un passage et là !………. J’ai dévissé sur une dizaine de mètres, emporté par le poids de mon sac à dos, sans que Sylvie restée en haut ne s’aperçoive de quoi que ce soit. Mon bâton de marche a dû se desserrer. Pas trop de bobos, juste des éraflures,.. Sylvie a eu peur lorsque je suis remonté et que je lui ai raconté ma mésaventure. On a poursuivi notre chemin jusqu’à Sembrancher pour acheter à manger, et après St Martin, on a trouvé une énorme table et deux bancs pour s’installer sous un tilleul à l’abri car il y avait du soleil avec de temps en temps des petites ondées et à nouveau du soleil. Après s’être bien restaurés et reposés, nous avons repris notre route par des sentiers, avec une montée terrible et ensuite par des chemins larges montant et descendant gentiment pour finir notre étape sur Orsières sous une pluie battante. Nous avons renfilé les pèlerines jusqu’à notre hébergement, une chambre d’hôte très coquette (avec téléphone, internet, lave linge,…) et une propriétaire très accueillante. Fin de la 16ème étape Déjà 373 kms parcourus Nous sommes à 626 km de Rome à vol d’oiseau PS : J’ai ressenti des douleurs en voulant forcer sur ma jambe gauche dans les rochers. On verra pour la suite…
Vendredi 30 juillet 2010 -17ème étape - Orsières > Bourg Saint Pierre - 15kms - 4 h 30
Cette étape n’était pas prévue au programme, mais avant d’attaquer la montée du Grand St Bernard, ce sera une étape de transition qui nous fera monter quand même de 886m à 1600m.
Après une nuit d’enfer sans avoir fermé l’œil de la nuit, le petit déjeuner pris chez notre hôte (très copieux) nous met d’attaque pour affronter cette nouvelle journée. Il ne pleut plus, mais le temps est toutefois incertain.
8 h4 0 : dès le départ, on commence par une côte qui nous fait grimper au moins de 300m en très peu de temps, et avec plusieurs pauses, nous sommes rapidement au dessus. Nous rencontrons de bons chemins, comme la propriétaire de l’hébergement nous l’avait indiqué, même des chemins carrossables mais très pentus (on s’en doutait…) Nous prenons quelques photos de la vallée sous le soleil, enfin de retour.
Nous arrivons au village de » LIDDES » où nous achetons de quoi manger et photographions des panneaux indicateurs avec l’altitude 1349m, puis nous repartons à la recherche d’un coin pour manger, ce qui est fait rapidement, au pied d’une piste de ski. Après le repas, nous nous dirigeons vers Bourg St Pierre qui n’est plus très loin. Nous nous mettons en quête comme toujours de notre couchage pour la nuit ; cette fois-ci, c’est dans une maison paroissiale.
L’hébergement est un peu plus spartiate que d’habitude, une chambre avec un lavabo, la douche à l’étage, Sylvie hésite un peu. Pour le repas nous n’avons trouvé qu’un paquet de pâtes (500g) et une verrine de sauce tomate, mais pas de pain ni de fromage ni de dessert.
Comme nous étions un peu en avance, nous avons fait un petit tour dans le village pour visiter un très vieux moulin à eau, une cascade au fond d’une énorme gorge et nous nous sommes assis sur un surplomb rocheux qui domine toute la vallée. Du grand spectacle ! Ce matin, gros problème de sciatique : cela commence à me faire mal en marchant. Fin de la 17ème étape Déjà 388 kms parcourus Nous sommes à 617 km de Rome à vol d’oiseau
Samedi 31 juillet 2010 - 18ème étape Bourg Saint Pierre > Col du Grand St Bernard - 17kms - 5 h 10
Nous y voilà, au pied du fameux Grand St Bernard ! Depuis le temps que j’en rêvais … « Col du Grand St Bernard«
Début d’étape, après une nouvelle nuit d’horreur sans fermer l’œil de la nuit et après un déjeuner qui n’en a que le nom (pain sec et un bol de thé pour nous deux) comme les moines autrefois, nous décollons à 8h30 de Bourg St Pierre. Comme d’habitude, ça commence par une très grosse côte. Les paysages sont de plus en plus beaux, nous suivons la route qui même au tunnel ainsi qu’au sommet qui sont encore bien loin. Nous progressons sur des sentiers parfois caillouteux, pas très larges et qui mènent aux alpages de manière assez raide.
A une altitude précise, nous quittons la forêt : plus d’arbres, mais beaucoup de fleurs de montagne. Nous montons toujours et nous atteignons vraiment les alpages au milieu d’une multitude de vaches en liberté. J’avais lu un livre sur la vie des moines de l’hospice et qui racontait que toute la vallée leur appartenait.
Nous progressons parmi ces vaches que l’on doit écarter car elles occupent aussi les sentiers de randonnée. Sylvie n’est pas trop rassurée, elle se retourne de temps en temps car une d’elle la rattrape en marchant, mais elle ne dit rien, elle est courageuse ! Cela fait quand même beaucoup d’épreuves pour elle.
Il fait un temps merveilleux, comme tous les randonneurs aimeraient en avoir surtout en montagne : un soleil radieux, aucun nuage, un petit air vivifiant et un calme omniprésent : c’est magnifique. Nous continuons à monter, les troupeaux se succèdent et nous arrivons vers un panneau nous indiquant « Col 1 h 30″.
Nous sommes maintenant à plus de 2000 m d’altitude, l’effort devient plus dur en raison de l’altitude. Nous croisons quelques randonneurs qui montent et d’autres qui descendent, on s’adresse un petit salut et l’on continue sa route car nous sommes tellement impatients d’arriver au sommet. Je prends des photos tellement le paysage nous enchante. L’heure du repas approche et la fatigue commence à se faire sentir. Nous marquons des petites pauses toutes les 20 à 25 min, histoire de souffler un peu et une plus longue pour le repas. Nous recevons un petit coup de fil de belle maman qui aimerait avoir des nouvelles. Lorsque nous repartons, nous croisons un couple de Hollandais qui redescend ; nous avons engagé la discussion avec eux car ils parlaient relativement bien le Français. Ils nous rassurent en nous disant que nous ne sommes plus très loin du sommet, bien que nous ne l’ayons toujours pas aperçu. Alors le moral remonte, comme la pente d’ailleurs, car sur la fin, c’est encore plus raide. Mais quel bonheur d’arriver sous le panneau indiquant
« Col du Grand Saint Bernard 2473m »
J’avais tellement attendu ce moment que des larmes d’émotion ont coulé une nouvelle fois. La première des choses que l’on a faites, c’était d’immortaliser ce moment par une photo devant le panneau, ce qu’ont fait deux sœurs belges qui se trouvaient là.
Ensuite, la prise de contact avec les Chanoines de l’hospice fut très sympathique, et comme d’habitude : douche, lessive et tout de suite après, visite du chenil de ces gros chiens caractéristiques et du musée retraçant l’histoire de l’hospice et des ces chiens d’avalanche sauveteurs.
Nous avons été contactés par un reporter Italien qui souhaite réaliser un livre et une exposition sur les pèlerins de la Via Francigéna qui se tiendrait à l’hospice, à Canterbury et à Rome (La gloire !).
Nous avons téléphoné aux enfants pour leurs exprimer toute l’émotion que l’on ressentait à ce moment précis ainsi qu’aux parents, sœurs, amis,…
Nous avons passé la soirée et le repas avec nos deux randonneuses belges.
Fin de la 18ème étape Déjà 405 kms parcourus

Dimanche 1 Aout 2010 - 19ème étape Col du Grand St Bernard > Aoste 32kms - 8 h 30
Après une très bonne nuit à l’hospice, nous nous sommes levés à 7h15, petit déjeuner à 8h00 et départ à 8h40. Nous prenons la direction de l’Italie toujours sur
la Via mais maintenant il faut suivre un nouveau balisage, le chemin 103, ce qui est relativement facile car le balisage est bien clair pour l’instant. Dernière photo avant de quitter cet endroit magique pour moi. Nous devons descendre de 2473m à 580m jusqu’à Aoste, terme de notre étape, la descente n’est pas toujours facile : tantôt des cailloux, tantôt des chemins en herbe avec de la boue amenée par les nombreux petits ruisseaux qui s’écoulent vers la vallée. La première personne que nous rencontrons sur le versant italien est un gardien de troupeau marocain avec qui on essaie de parler, mais c’est un peu dur, je ne me suis pas encore entrainé à parler italien et encore moins marocain ! Nous traversons des villages typiques des Alpes : rues étroites, maisons basses avec de petites fenêtres et des toits en pierres plates. Nous trouvons le village de St Oyen et nous achetons à manger. Peu de temps après, nous rencontrons un couple de Français avec un bébé qui venait de Rennes, nous discutons un moment avec eux, ils sont effarés de notre projet et de la route qui nous reste à parcourir. Nous continuons notre descente, toujours aussi agréable en sous-bois, sur un tapis d’aiguilles de sapin et de mélèze, tout en longeant un ruisseau canalisé sur des kilomètres. Nous croisons de nombreuses cascades où l’on peut se rafraîchir car aujourd’hui il fait chaud et la température de l’eau est tellement agréable que l’on ne s’en prive pas. Nous arrivons dans un village du nom de « Gignod »où là nous avançons sur du macadam peu accueillant jusqu’à l’arrivée à Aoste. Gare aux doigts de pied ! J’ai appelé mes parents dans la matinée car aujourd’hui ma Mère fête ses 80 ans, cela lui a fait plaisir de nous parler au téléphone. Pour trouver notre hébergement, cela a été galère car Aoste est une grande ville, et nous avions réservé un hôtel que nous n’avons jamais trouvé. Donc nous en avons choisi un autre sur notre route. Après les rituels d’usage, je rédige mon rapport journalier et ce soir nous ne bougerons pas de l’hôtel car nous mangerons sur place.
Aujourd’hui ce fût une grande étape de 32kms et en plus il faisait très chaud lorsque nous étions sur la route. Ce soir, le repos sera bien mérité.
Fin de la 19ème étape Déjà 437 kms parcourus
En ce qui concerne la sciatique, je me fais de plus en plus de soucis, car je ne sens plus la partie gauche du mollet. On verra la suite…


Lundi 2 Aout 2010 - 20ème étape -- Aoste > Chatillon - 28km
Lever comme d’habitude à 7 h après une nouvelle nuit de cauchemar, nous nous préparons. J’ai du mal à enfiler mes chaussettes tellement la douleur s’est ravivée. Nous descendons déjeuner.
Nous partons et cherchons notre route au milieu de la ville. Nous entrons à l’office du tourisme qui nous donne les grandes lignes de notre itinéraire, ensuite nous déambulons dans une rue piétonne lorsqu’une grand-mère, voyant que nous cherchions désespérément notre chemin sur une carte, s’adresse à nous et se propose de nous accompagner jusqu’à la sortie de la ville.
Elle nous questionne pour savoir d’où l’on vient et où l’on va, nous lui racontons notre périple, elle a la même réaction que toutes les autres personnes à qui nous l’avons déjà raconté. Nous la quittons lorsque nous avons trouvé les premiers panneaux de direction. Nous la remercions beaucoup et la saluons chaleureusement . Elle nous a dit qu’elle avait 78 ans et affichait une forme remarquable.

Nous voila enfin partis pour rejoindre Châtillon : cela commence par du macadam peu agréable et cela monte un peu ; il commence à faire chaud, puis nous prenons des sentiers qui grimpent de plus en plus.
Cela commence à être difficile pour moi car la douleur me tenaille. Je me traîne derrière Sylvie à qui je n’ai rien avoué de mon mal. Les femmes doivent posséder un sixième sens, car elle est toujours en train de me demander si « ça va« .

Nous sommes maintenant sur un sentier bien agréable qui longe la montagne, traverse des vignes et nous découvrons au détour d’un virage ce qui sera notre dernier château pour cette journée et pour cette aventure.
Je commence à souffrir de plus en plus, une flèche du balisage nous envoie dans une mauvaise direction, lorsque nous arrivons dans le village de « Quart », je constate que n’avons parcouru que 8 km en 4 heures, soit deux fois moins que les autres jours. Nous nous arrêtons pour manger et là, je me résigne à rejoindre Châtillon par un autre moyen que la marche. On commence à faire de l’autostop, sans succès. Nous trouvons, en descendant dans le village, un arrêt de bus et nous décidons d’emprunter un bus pour finir notre étape (c’est le début de la fin…).
Dès notre arrivée à Châtillon, nous attendons à la gare le coup de fil de Karine comme cela était prévu. Je lui demande de l’aide en lui expliquant ce qui m’arrive. Elle est très rassurante en me disant que tout n’est pas perdu et qu’avec quelques jours de repos chez elle, nous pourrions repartir.
Aussitôt arrivés chez elle, elle contacte une de ses amies kinésithérapeute qui vient rapidement examiner mon cas et le verdict tombe : l’histoire doit s’arrêter ici pour pouvoir me soigner efficacement.
Le lendemain Karine nous ramène à St Oyen,au pied du grand St Bernard côté Italien où Régis doit venir nous récupérer pour nous ramener à la maison. A 12 h 30, nous sommes sur la route du retour.
Grosse, très grosse déception, grosse colère aussi alors que tout allait pour le mieux ! Il a fallu qu’un petit grain de sable vienne enrayer la machine. Il n’y avait pas eu de problème jusqu’à ce jour, si ce n’est une petite chute. Les journées passaient très vite, tout était formidable et se déroulait comme prévu. Mais voilà comment « Une belle aventure se termine »
Il a fallu téléphoner aux enfants qui, eux aussi, ont été très déçus et qui, surtout ne comprenaient pas que la veille tout allait bien. La déception est grande aussi pour Emilie, pour les patients de l’hôpital de Bavilliers, pour John qui ne comprenait pas qu’aujourd’hui rien n’aille plus. Je voulais simplement attendre un peu avant de leur dire comment je me sentais.
Après les examens réalisés à l’hôpital de Belfort, même en prenant quelques jours de repos, cela n’aurait rien changé, la décision prise était la meilleure et la plus raisonnable. C’est la mort dans l’âme que prend fin cette belle aventure. Nous avons parcouru 485 km en 20 jours de marche.
FIN
